Je m’étais presque juré de ne jamais en acheter un, échaudé par son prix prohibitif, son marketing racoleur et juvénile, et puis voilà, j’en avais marre d’en parler sans l’avoir pratiqué, et ne trouvant personne pour m’en prêter un quelques jours, je regardais de temps en temps sur Ebay pour en trouver un à bas prix. Mais j’ai été plutôt malchanceux avec Ebay ces derniers temps, qui sait, peut être que mon facteur collectionne les toy cameras…
Il me restait donc Lomography. J’ai eu le déclic récemment lorsqu’est sorti le LC-A+ Big Book, présenté comme un énorme livre retraçant toute l’histoire de l’appareil, et contenant des milliers de photos. J’ai toujours aimé les livres d’art, et en dehors des éditions Taschen, les prix de ces ouvrages donnent en général mal au crâne. Celui-ci ne fait pas exception, puisqu’il est vendu 80 euros sur le site MAIS il est offert gratuitement pour tout achat de l’appareil en question. Ayant de plus accumulé quelques « points cochons » à la force du déclencheur, je n’ai pas résisté longtemps à cette offre promotionnelle.
Et c’est un gros colis qui est arrivé chez moi la semaine dernière, contenant donc le LC-A+, et le fameux livre en question.

Première impression, il est vraiment énorme, bien imprimé sur du papier glacé et la reproduction des couleurs est aussi superbe. J’ai juste noté un grain un peu louche sur les photos pleine page ou en double page, mais ça reste très correct tout de même. Il y a aussi de superbes dessin d’Alexander Djikia, qui m’ont donné envie d’aller voir plus loin dans son oeuvre.
Titré LOMO LC-A, The Greatest Camera Of All Time (rien que ça !), le livre se constitue de documents divers et variés sur l’histoire du LC-A et de la Lomographie, les deux étant fortement liés. Tout démarre au début des années 80 en URSS avec l’objectif de construire une copie du compact japonais Cosina CX2, tâche confiée à Mikhail Grigorievich Kholomyansky, qui le fera fabriquer par l’usine LOMO PLC. Puis c’est sa découverte par deux étudiants viennois dix ans plus tard qui s’entichent de cet appareil qui ne paye pas de mine, écrivent un manifeste « artistique », le font connaître un peu partout dans le monde et finalement récupèrent les droits de production, jusqu’à l’appareil qui nous intéresse, le LC-A+, désormais entièrement fabriqué en Chine.
Le reste du livre est entièrement composé de photos réalisés par des « lomographes » du monde entier. En tournant les pages, une certaine lassitude s’installe assez vite devant l’accumulation de photos contrastés aux couleurs saturés, tantôt à dominante bleue, verte où rouge dû au traitement croisé, et des sujets redondants : des panneaux de signalisation, des étudiants bourrés, et aussi pas mal de chiens et de pigeons. Difficile de faire plus stéréotypé, mais force est de reconnaître que ce « style » s’est imposé, et que tout le monde sait de quoi il retourne lorsqu’on parle de photo de type « lomo ».
Ce livre est finalement assez ennuyeux. Disons que c’est le type de photos que j’avais parfois envie de faire quand je faisais de l’argentique dans les années 90 mais que je n’osais pas faire à cause du prix des films. J’avais le sentiment qu’une photo devait être quelquechose de réfléchi alors que le concept Lomo est tout l’inverse (Don’t think, just shoot). C’est donc le genre de photos que je me suis empressé de faire lorsque j’ai eu mon premier appareil photo numérique en 2005, mais l’expérience m’a vite lassée… Ceci dit, je comprends pourquoi ces photos plaisent et attirent autant de monde, mais elles ne correspondent plus à ma vision et mon écriture photographique à cet instant.
